Leader, pas sauveur !

11 Mai 2020 | Articles

Leaderkiff, Chapitre 2 : savoir se retenir

(vous avez laissé passer le 1er chapitre ? retrouvez-le par )

Avez-vous déjà constaté la tentation d’un groupe à chercher à déléguer la responsabilité décisionnelle à une ou quelques personnes ? Vous-même, parfois, n’espérez vous pas qu’une réponse vous vienne de l’extérieur ?

C’est normal, nous baignons dans des modèles de relation de sachant depuis l’école… Être passif, recevoir la leçon et la restituer ensuite, c’est comme ça que nous sommes modelés.

Dis-moi ce qu’il faut faire…

Je l’ai vécu de façon flagrante en m’engageant dans un collectif citoyen auto-géré. Comme quelques autres, j’avais l’envie de m’engager et la possibilité d’y passer du temps dès les premiers jours. Au bout de quelques semaines, le collectif s’élargissant, ces 2 faits semblaient pour certain-es donner une légitimité à prendre les décisions. ‘Vous les historiques, les cadres, dites-moi ce qu’il faut faire…’

Qu’est ce qu’il se passe à cet instant ?

Photo by Jehyun Sung on Unsplash

Face à une situation nouvelle et déstabilisante, la personne cherche à se recréer un cadre connu. Vous pourriez remplacer la question par ‘Vous les historiques qui avez déjà traversé des moments d’inconnu, aidez moi à le traverser, montrez moi que c’est possible’.

En faisant cela, elle vous délègue une part de sa responsabilité. Elle se met en position que vous la sauviez.

Quand les demandes de ce type s’accumulent, elles deviennent la norme et elles créent cette quête de l’homme / la femme providentiel-le.

Leadership avec retenue !

En tant qu’initiateur, vous avez à ce moment 2 façons d’exprimer votre leadership :

  • répondre à la question formulée, décider, arbitrer pour la personne et pour le groupe (c’est efficace dans l’immédiat et c’est aussi galvanisant que valorisant)
  • déceler qu’il y a une autre question derrière, l’interroger, et partager la responsabilité de la décision (cela développera le niveau de responsabilité de tou-tes dans le groupe)

Malheureusement, au vu de nos représentations, le risque est très fort que ce choix ne soit même pas visible et jamais envisagé, ni par les initiateurs, ni par les membres du collectif. Les habitudes se prenant vite, nous nous coupons de cette 2ème option, même quand elle serait pertinente.

Et pourtant être arrivé ‘en premier’, même si cela confère une place particulière, ne signifie pas avoir les réponses à tout et ne signifie pas non plus avoir envie de porter la responsabilité de tou-tes.

Être l’initiateur, le catalyseur, c’est poser les bases, ce n’est pas maîtriser ce qui va advenir.

En pratique

Se décoller de ces attentes, de ces conditionnements qui s’appliquent à l’intérieur de vous mais cherchent aussi à s’appliquer par les demandes extérieures, cela demande des efforts, résister à soi autant qu’à la pression collective. 3 pistes pour vous y aider :

  • Dire parfois ‘je ne sais pas’ ou ‘je n’ai pas d’avis’. Oui c’est permis ! Même si tout le monde semble avoir un avis sur tout, peut-être, parfois, pouvons nous suspendre notre machine à construire des avis et laisser la place à la pensée de l’autre, à l’incertitude et donc aux possibles. Vous pouvez commencer petit, constater que le monde ne s’est pas écroulé, que vous y survivez et faire à nouveau.

(dans la même série, de quand date le dernier moment ou vous n’étiez pas joignable, ou vous n’étiez pas présent ? Et est-ce OK pour vous ?)

  • Avant la prochaine décision que vous prendrez seul et qui concernera le collectif, prenez un instant pour vous demander : ‘Est-ce que je suis en train de faire gagner 20 minutes au collectif maintenant, mais de les faire perdre 20 fois dans le mois qui vient ?’ Si vous prenez cette décision seul, vous n’êtes pas en train de permettre au collectif de se familiariser avec l’inconfort de la décision et de la responsabilité, vous êtes en train de créer de l’habitude à ce que vous preniez ce type de décision et portiez cet inconfort. Qu’est-ce qui est OK pour vous ?
  • Si vous étiez présent dès les débuts, il est probable que vous ayez du faire un peu tout au départ. Il est peut être temps de laisser certains de ces talents en sommeil, se retenir et se concentrer sur vos supers talents, votre zone de kiff. ‘oui je pourrais le faire, mais pas cette fois, plus maintenant’. Vous permettez ainsi à d’autres de s’y tester, s’y affûter et révéler leurs propres super talents.

Et maintenant ?

Et vous, est-ce que votre leadership s’exprime parfois par la retenue ? Venez le partager en commentaire, ce sera utile pour beaucoup.

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