L’arbre qui cache les leaders

10 Juin 2020 | Articles

Leaderkiff, chapitre 3 : le prix de laisser le pouvoir dans l’ombre

J’ai longtemps eu une image négative du pouvoir.

Nous baignons dans une culture où le pouvoir est perçu comme légitime s’il repose sur une domination. Le plus expert, le plus charismatique, le plus populaire, le plus diplômé, … Peu importe le totem, c’est parce qu’il y en a un qu’on accepte l’exercice de ce pouvoir.

Et cela créée de la souffrance, pour tou.tes. Ça nous sépare, ça nous isole, les uns des autres et de nous à nous.

  • Se battre pour atteindre ce totem,
  • Se faire dépasser par quelqu’un-e et sa carte coupe-file,
  • Se résigner à subir les décisions,
  • Se sentir enfermé.e dans cette pyramide,

Que d’énergie perdue ! Des organisations et des dirigeant.es sentent cette tension et expérimentent des alternatives : entreprises libérées, collectifs auto-gérés, équipes agiles, sociocratie, holacratie…

De belles propositions, souvent fragiles. Elles doivent à la fois :

>> identifier ou inventer les modes d’organisation et de prise de décision qui seront adaptés à leur histoire, leurs moyens et leurs projets,

>> les tester et les mettre en place, changer leurs habitudes, se former,

>> remettre en question leurs représentations individuelles et collectives du pouvoir et du leadership.

Ce dernier point est trop souvent ignoré, profondément structurant et donc tellement inconfortable à regarder !

J’identifie une grosse confusion derrière :

‘avoir du pouvoir, c’est le mal’

En rejetant la souffrance créée par le pouvoir tel qu’il est trop souvent exercé, nous avons tendance à rejeter en même temps l’idée même de pouvoir. Nous nous laissons tenter par l’extrême opposé, nous passons de la glorification du pouvoir à son éviction, au tabou.

C’est agir en réaction, par polarité et pas dans la subtilité du réel. C’est rajouter du jugement et de l’émotionnel superflu.

C’est s’enfermer dans un autre système souffrant.

Aucun texte alternatif pour cette image

 

 

 

oui, oui, comme un enfant qui se cache les yeux et se pense caché !

Quand nous pensons qu’avoir du pouvoir c’est le mal, nous ne le regardons pas, nous n’en parlons pas. Nous n’interrogeons pas à qui nous le déléguons ni comment.

 

 

  

C’est paradoxal car c’est cette crainte d’une prise de pouvoir qui fait que les jeux de pouvoir se font en coulisses, par l’implicite ou le non-dit. Les mécanismes de domination se reproduisent, avec des codes différents, mais bien présents.

Et alors, comment regarder le pouvoir ?

Le pouvoir c’est juste un espace de décision et d’action. C’est ce qui dépend de moi dans chaque situation. A minima, je peux décider et agir sur mes réactions, sur ma perception.

En fait nous avons tou.tes du pouvoir, nous l’exerçons tous les jours. Cet espace de pouvoir individuel n’est pas toujours très grand, mais il existe. Chaque jour je peux décider de le chérir, de l’utiliser, de le cultiver et le faire grandir.

Pour nous aider à voir le pouvoir autrement et à nous le réapproprier, l’activiste et autrice écoféministe Starhawk distingue 2 formes de pouvoir :

le ‘pouvoir-sur’ et le ‘pouvoir-du-dedans’

Le ‘pouvoir-sur’ s’impose, il agit sur d’autres. Il joue sur l’autorité et les peurs, il diminue le pouvoir de tou.tes.

Le ‘pouvoir-du-dedans’ s’expose, il part de soi. Il agit directement sur le monde et augmente le pouvoir de chacun.e.

Photo by Miguel Bruna on Unsplash

 

 le pouvoir-du-dedans !

Ce ‘pouvoir-du-dedans’ n’est pas facile ni magique. Il demande à regarder justement ce qu’il y a dedans, nos peurs, nos désirs et à le confronter au réel. Cela demande du temps, des efforts, de l’apprentissage. Il faut rouvrir des vannes trop longtemps fermées, et laisser circuler cette énergie naturelle.

 

 

Et le leadership ?

Une fois cette confusion levée et cet accès à notre pouvoir-du-dedans restauré, il faut en lever une deuxième :

‘leadership = prise de pouvoir’

Vous savez, ce moment où l’on se retient de prendre la parole, de proposer, de se positionner. On craint d’imposer notre point de vue, d’entraîner le collectif dans une mauvaise direction.

Assimiler le leadership avec une prise de pouvoir, c’est considérer qu’en initiant un mouvement, en m’exposant, je retire leur libre arbitre aux autres membres du collectif, je les prive de leur responsabilité et de leur souveraineté.

C’est en fait s’empêcher d’agir par fantasme de toute puissance…

La réalité est beaucoup plus créative : parfois ça marchera, auprès de certaines personnes ; d’autres fois ça tombera à côté. Et c’est OK ! Nous sommes puissants mais pas autant…

Se retenir d’exprimer son leadership, c’est priver le collectif d’une occasion d’agir sur le monde.

Cette confusion nous empêche de passer la seconde. Ce n’est pas chacun.e avec notre ‘pouvoir-du-dedans’ allumé que nous pourrons durablement impacter le monde. Nous avons besoin de projets collectifs, nous avons besoin de faire ensemble.

Exercer son leadership, c’est simplement permettre au collectif de décider et d’agir. C’est de la capacité de décider et d’agir du collectif dont il est question, pas du sien. Et des formes de leadership, il en existe autant que d’êtres humains (ce sera l’objet d’un prochain article !).

✔️ Parce qu’un leadership basé sur le ‘pouvoir-du-dedans’, 100 % sans domination, est possible mais exigeant.

✔️ Parce que nettoyer ses représentations et les incarner ne se fait pas en un article (et non, malheureusement…),

✔️ Parce que si vous êtes arrivé.es jusque là, c’est que vous êtes un leader en puissance, qui a juste besoin de trouver sa version sur mesure du leadership,

Je vous propose de me retrouver dans le leaderkiff club, un accompagnement à votre mesure, combinant précision du coaching individuel et puissance de temps collectifs !

  👉 C’est ici pour postuler : https://bit.ly/3f6sxyX  👈

#leaderkiff #reclaim